Ed: 13/09/2016  memoiredeguerre35@yahoo.fr

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Georges BEAUPLET

 

  

Georges Beauplet voit le jour à Laval le 12 septembre 1913. Il a cinq ans quand son père est tué sur le front, dans les derniers mois de la Première Guerre mondiale. Sa mère reste seule avec ses deux enfants : Georges et sa sœur Annick.

Georges devient instituteur et il est nommé, pour un premier poste, à Saint-Georges de Reintembault. Puis, en 1938, alors que la guerre menace, il est nommé à Crevin. Mais dès septembre 1939, il est mobilisé.

Le 18 juin 1940, il est fait prisonnier dans le Loir-et-Cher et envoyé en Allemagne dans un stalag.

Renvoyé dans ses foyers le 4 août 1941, il reprend son poste à Crevin où il exerce également la responsabilité de secrétaire de mairie. Très vite, il s’organise pour aider ceux qui sont pourchassés par les Nazis. Il leur fournit de faux papiers (cartes d’identité, cartes d’alimentation…). Il encourage les jeunes habitants du secteur à résister. Léon Gendrot qui est devenu responsable d’un groupe de FTPF (Francs Tireurs et Partisans français) dans le secteur de Crevin  raconte : « J’ai été encouragé à agir contre les occupants par Georges Beauplet. Il fabriquait de faux papiers pour les réfractaires et maquisards et, parfois, il me chargeait de les porter. Ensemble, nous nous occupions de trouver des planques. Nous aidions les réfugiés israélites camouflés dans la région de Bourg-des-Comptes… »

En 1943, Georges Beauplet rejoint le groupe de combat F.T.P.F. de Bain-de-Bretagne et, jusqu’à l’arrivée des troupes du général américain John Wood, le 3 août 1944, il participe aux opérations menées contre les occupants. Citons en quelques-unes :

-         Récupération, à Saint-Jacques de la Lande, d’essence et de pneus sur des tracteurs allemands destinés au front russe.

-         Sabotage de camions aux carrières de Pont-Réan et aux garages de réparation allemands de Rennes.

-         Parachutage de la Baroche-Gondouin en Mayenne.

-         Attaque, à Crevin, d’un détachement de la Feldgendarmerie et capture de 30 canons automatiques et de 3 mitrailleuses lourdes.

-         Attaque, à Lohéac, d’une voiture allemande où deux officiers sont tués.

-         Sabotage de pneus et de moteurs sur un convoi.

-         Organisation et réception du parachutage de Pléchâtel, puis transport, camouflage et distribution de 15 tonnes d’armes. Le message codé était : « L’enfant aux yeux bleus pleure ». Il devait être ajouté : « 1 fois, ou 2 fois, ou 3 fois »  suivant le nombre d’avions qui devaient arriver. Finalement, 3 avions lancèrent du matériel. Il fallut cacher tout ce matériel, toutes ces armes. Une grande partie fut camouflée dans des fermes amies. Georges Beauplet cacha des armes sous l’estrade dans sa classe à Crevin.

-         Sabotage de la voie ferrée Rennes-Redon, de lignes téléphoniques et de postes de radio repérage à Orgères et à Laillé.

-         Attaque et capture d’une compagnie d’Allemands à Bourg-des-Comptes (270 Allemands, 100 chevaux, 3 camions).

 

Une fois l’Ille-et-Vilaine libérée, Georges Beauplet reprend son poste à Crevin et en 1945, il est nommé directeur de l’école publique de Pont-Péan, une fonction qu’il occupera jusqu’en 1959.

         A côté de son poste de directeur d’école, il s’occupe de plusieurs activités périscolaires : sport, activités artistiques et créatives. Il s’engage aussi dans le SNI (Syndicat National des Instituteurs), ainsi qu’à la SFIO, puis au PSU.

         En 1947, il n’y a pas assez de classes à l’école de Pont-Péan. Georges Beauplet réussit à convaincre les parents d’élèves et les membres de l’Amicale Laïque communale de construire une salle avec des matériaux récupérés sur l’aérodrome de Saint-Jacques de la Lande et laissés par les Allemands. Ils construisent une salle en bois avec une scène, des rideaux… Cette salle sert de classe mais aussi de salle des fêtes et de lieu de réunion.    

En 1959, il quitte Pont-Péan car il est nommé directeur de l’école Louis Volclair à Rennes, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite, en 1969.  

Pour son action dans la Résistance, «  pour son patriotisme fervent et très courageux », Georges Beauplet  a reçu la Croix de Guerre avec étoile de bronze, puis la Médaille de la Résistance française.

 

                                                        Renée Thouanel-Drouillas

 

Sources : Article du 22 août 2016 dans Ouest-France, rubrique Pont-Péan.

         Articles dans le journal local de Pont-Péan (N° 110, 111 de 2012 et 126 de 2015)

         Livre du Général Chesnais » : « La Guerre et la Résistance dans le sud de l’Ille-et-Vilaine » (Témoignage de Léon Gendrot).