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Jean-Claude CAMORS

Chef du Réseau de renseignements "Bordeaux-Loupiac"

(1919-1943)   

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camors.jpg (35130 octets)Jean-Claude, François CAMORS est né à Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 27 octobre 1919, issu d'une famille béarnaise, dont le père est Médecin Major et le grand-père Colonel.

Avec son frère Paul, de 4 ans son cadet, ils suivent des voies parallèles de l'école des Dominicains à Songe puis au Lycée de Pau, où leurs routes se séparent. Paul sera reçu à Saint-Cyr (1) et Jean-Claude entre à la Banque de France comme stagiaire.

En octobre 1939, Jean-Claude Camors est affecté au 18ème Régiment d'Infanterie à Bordeaux (33) et suit les cours d'élève aspirant.

Fait prisonnier, il est interné au camp de Châteaubriant (44), d'où il s'évade. Il franchit la ligne de démarcation à la fin du mois de juillet 1940, pour rejoindre en zone libre sa ville natale.

En septembre 1940, il confia à l'un de ses amis de Pau : "Je ne reprendrai pas mes fonctions de stagiaire à la Banque de France tant qu'il restera une botte ennemie pour fouler le sol de la Patrie".

Il se rend alors à la Seyne-sur-Mer (83) et s'initie à la fabrication des faux papiers et aux méthodes de la Gestapo. C'est à partir de ce moment qu'apparaissent Raoul, de Colsincourt ou Noël, les autres noms que Jean-Claude Camors prend au gré des nécessités de la lutte clandestine.

Il s'engage, à Marseille, sur un bateau de pêche et saute à la mer devant Gibraltar. Après deux heures de nage, il est récupéré par un navire britannique et gagne Londres.

Après une période d'entraînement en Angleterre, en mars 1942, il est parachuté en France, avec pour mission d'organiser le passage régulier des aviateurs alliés vers l'Espagne, pour qu'ils rejoignent l'Angleterre.

En juin 1942, Jean-Claude Camors retourne parfaire son entraînement de l'autre coté de la Manche, et en décembre de la même année, il revient en France pour passer les aviateurs en Espagne. Fait prisonnier, il est délivré par des amis et réussit à retourner à Londres en janvier 1943.

Fondateur et chef national du réseau  de renseignement et d'évasion "Bordeaux-Loupiac", Jean-Claude Camors revient au milieu de l'été 1943, prendre contact avec un patron pêcheur de Camaret qui met son bateau, le "Suzanne-René" à sa disposition pour des traversées à destination de la Cornouaille anglaise. Pendant les semaines qui suivent, il s'assure des ramifications de son réseau, sur tout le territoire, chargé de retrouver des aviateurs cachés et leur fixe des rendez-vous en divers points de Bretagne.

A Rennes, se trouve le chef régional du réseau, en la personne d'un pharmacien de la ville, André Heurtier, qui organise des rencontres avec son chef. C'est pourquoi le 11 octobre 1943, vers 15 h, Jean-Claude Camors a rendez-vous au café de l'Epoque, rue du Pré Botté. L'établissement est tenu par Franz Nouët, lui-même agent de renseignement du Mouvement de Libération Nationale. Dans le fond de la salle, autour d'une table, on peut voir des membres de l'Armée des Ombres, Pierre Dumont, Rémy Roure qui est rédacteur au journal le Monde, André Poirier, aviateur français dont l'appareil a été abattu et désire regagner Londres, il y a aussi une jeune parisienne, Claude P. Depesme agent de liaison connue sous le nom de "Jeannette", et bien sûr Jean-Claude Camors.

Vers 17 h, alors que la jeune femme se rend aux toilettes et que les hommes sont encore attablés, entre un certain Roger Leneveu. dit "le Légionnaire", qui s'était engagé dans la Résistance dès le début et qui travaillait à présent pour la Gestapo. Il reconnaît alors Jean-Claude Camors, qu'il avait autrefois rencontré, il sort une arme et veut arrêter tout le monde. S'ensuit une bagarre, un sergent de l'aviation allemande entend des coups de feux et entre porter main forte à Roger Le Neveu.

Rémy Roure, s'échappe vers la rue Jules Simon, poursuivi par l'aviateur allemand. Il sera blessé, arrêté, torturé, mais ne parlera pas. Les trois autres ont pris la direction de la rue Maréchal Joffre, avec Roger Le Neveu à leurs trousses qui fait feu à plusieurs reprises. Ils se sont engouffrés dans l'immeuble du 2, rue Maréchal Joffre et montent jusqu'au grenier pour s'enfuir par les toits(2). Très grièvement blessé, Jean-Claude Camors laisse ses compagnons et redescend se réfugier sur un palier pour protéger la fuite de ses amis. Avec l'aide d'un habitant de l'immeuble, il détruit des papiers compromettants qu'il porte sur lui et en avale une partie. C'est là au petit matin que son cadavre est retrouvé. Persuadé qu'il avait avalé tous ses documents, la Gestapo emmène son corps pour l'autopsier.

Jean-Claude Camors est donc déclaré "Mort Pour la France" le 11 octobre 1943, à l’âge de 24 ans.

 

A titre posthume, il a été fait :

Commandant
Compagnon de la Libération
Chevalier de la Légion d'Honneur
La Croix de Guerre et plusieurs décorations britanniques

  1. Paul sera tué à bout portant en Indochine le 1er février 1956
  2. Ils se cachèrent 36 heures sur les toits avant de pouvoir disparaître

 

NOTA : Rue Jean-Claude Camors

Voie dénommée par Délibération du Conseil Municipal du13 avril 1953. Le 12 juillet 1957, la ville de Pau a dénommé une rue des Frères Camors par délibération du Conseil Municipal

 Notice biographique de Joël DAVID

 

"Tout aussi redoutable est Roger  , dit "Le Légionnaire". Après avoir fait des ravages en s'infiltrant dans le réseau "Pat O'Leary", Leneveu fait l'objet d'un ordre d'exécution immédiate lancé par la Résistance. Le 11 octobre 1943 il va pourtant blesser mortellement Jean-Claude Camors du réseau "Bordeaux-Loupiac" au café de l'Epoque à Rennes. Leneveu sera exécuté, mais pas par la Résistance. Début juillet 1944, sous prétexte d'une reconnaissance à effectuer du côté de Saint-Jacques-de-la-Lande, Leneveu est entraîné dans un chemin creux. Alors qu'il marche en tête du groupe, un de ses camarades en profite pour lui vider son chargeur derrière la nuque !"

 

Source: Le Bezen Perrot , 1944, des nationalistes bretons sous l'uniforme allemand. P97. Kristian Hamon

 

Sources :
Mémoire de Granit
Délibération du Conseil Municipal de Pau en date du 12 juillet 1957
Association des Français Libres

Site de l'Ordre de la Libération:
Ouest-France 7 avril, 4 et 7 mai 1946
Roger Huguen,"Par les nuits les plus noires"

Lien Wikipédia

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Le réseau Bordeaux-Loupiac (créé par  Jean-Claude Camors) : Sur 382 agents, 28 furent fusillés ou moururent en déportation.

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