05/12/2013

    Liste des biographies

 

Guy Faisant

Combattant volontaire de la Résistance- Déporté

g-faisant.jpg (25218 octets)Guy, André Faisant est né à Rennes, le 23 octobre 1925 ; issu d'une famille dont le père, ancien combattant de la guerre 14/18 est agent de ligne au PTT, militant syndicaliste et la mère femme au foyer. Il est le second enfant du couple, mais 12 ans le sépare de sa sœur.

Après avoir commencé ses études à l'Ecole de la rue de Nantes, il entre dans le technique à l'Ecole d'Industrie de Rennes pour y préparer un brevet industriel de tourneur.

A la fin de l'année 1940, il est contacté par un membre d'une Organisation Spéciale (O.S.) (1) de la Résistance pour recruter, au sein de l'école, des jeunes hostiles à l'occupation allemande. Un groupe de collégiens se forme alors et autour de Guy l'on retrouve, Gilbert Anquetil, Jean Annick, Michel Goltais, Jacques Tarrière et Yves Le Moigne. Pascal Lafaye élève au Cours Complémentaire de l'Ecole de la rue d'Échange se joint au groupe en juin 1941.

Ils participent alors à différentes manifestations contre les autorités d'occupation : distributions des tracts émanant du groupe de la Résistance de la SNCF, lacérations d'affiches prônant la collaboration, destructions de panneaux de signalisation allemands. Le 17 juin 1941, le groupe participe à la manifestation populaire au cimetière de l'Est, pour fleurir les tombes des victimes du bombardement allemand survenu un an auparavant, veille de l'entrée des troupes d'occupation dans Rennes.

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Le 12 novembre 1941, Guy est arrêté par la police allemande et incarcéré à la prison Jacques Cartier, n° d'écrou 1284. Faute de preuve il est remis en liberté quelques temps après.

Guy Faisant continue la lutte et avec Yves Le Moigne, sabote un câble allemand passant sous le Pont de Nantes à Rennes. L'audace du groupe monte d'un cran quand ils récupèrent des armes à la Courrouze, lieu dépendant de l'Arsenal et dans un entrepôt des " Établissements Reiner ", boulevard de Chézy.

Le groupe est dénoncé par un étudiant en médecine qui auparavant a été arrêté par la police allemande pour un trafic d'or et qui obtient grâce en acceptant de devenir un agent indicateur. Ayant réussi à infiltrer le groupe de l'Ecole d'Industrie, il renseigne les Allemands. Ils sont arrêtés par le S.D. Les arrestations se succéderont du 27 mai 1942 au 5 mars 1942, date de l’arrestation de Guy Faisant. A l’âge de 16 ans et demi, il est le plus âgé du groupe. Jean Annick, un membre du groupe, lui aussi arrêté, est libéré, grâce un autre camarade de l'Ecole d'Industrie, Robert Le Helloco, qui a fait disparaître les armes du domicile de Jean Annick avant la perquisition.

Les collégiens sont incarcérés à la prison Jacques Cartier.

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C'est au siège du S.D. (Service de Sécurité de la Police allemande), au 10, rue de Robien qu'ont lieu les interrogatoires musclés : Coups de pieds, coups de poings, coups de ceinturon.

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Des perquisitions sont effectuées au domicile de chacun ainsi qu'à l'Ecole d'Industrie et des armes sont retrouvées. La cache d’armes de Pascal Lafaye ne sera découverte qu’à l’occasion d'une seconde perquisition à son domicile. Marie Lafaye, la mère de Pascal, est alors, elle aussi arrêtée, le 20 mai 1942.

Fin mai, Gilbert Anquetil, Michel Goltais, Jacques Tarrière, Yves le Moigne, Pascal Lafaye et Guy Faisant sont envoyés à Paris à la prison du Cherche Midi, en application du décret "NN", "Natch und Nebel", "Nuit et Brouillard", du 7 décembre 1941. Ce décret "NN" précise que "les personnes arrêtées dans le cadre de son application seront en principe condamnées dans les territoires occupés que s’il est probable que des condamnations à mort soient prononcées et que l’exécution des coupables puisse être menée avec un maximum de diligence, dans les autres cas ils seront déportés dans le plus grand secret en Allemagne et condamnées à disparaître sans laisser de traces " Car la volonté d’Hitler est de faire disparaître dans la souffrance les ennemis du Reich. Le but de cette mesure est d'effrayer la population. Le transport vers l'Allemagne doit être communiqué au Service Central de Sécurité du Reich (RSHA) à Berlin.

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C'est dans ces conditions que les six Rennais sont déportés, le 4 juin 1942 vers l'Allemagne. Ils font parti du premier convoi de déportés d'Ille-et-Vilaine et le troisième convoi de France (2). Pascal Lafaye, qui n'a pas encore 15 ans, doit être le plus jeune déporté "NN" d'Europe Occidentale.

Le 5 juin 1942, ils arrivent au camp spécial de la Gestapo à Hinzert en Rhénanie. Guy Faisant devient alors le N° 4243.

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Après être passé à Wittlich puis emmenés à Cologne, Guy et ses camarades sont obligés de quitter cette ville à cause des bombardements alliés et sont envoyés à Breslau. C'est lors de ce déplacement en train à bestiaux que Pascal Lafaye, qui ignorait l'arrestation de sa mère, apprend que celle-ci fait parti du convoi. Guy et les autres sont alors inquiets pour leur propre famille, mais rapidement ils savent qu'elle est la seule rennaise.

Le 10 janvier 1944, à Breslau, Guy Faisant, ses camarades, Pascal Lafaye et sa mère comparaissent devant le Sonder-Gericht (Tribunal Spécial), où les armes retrouvées au domicile de ces derniers sont présentées comme pièces à conviction. C'est là que Pascal voit sa mère pour la dernière fois . Tous sont condamnés aux travaux forcés, sauf Marie Lafaye qui est condamnée à la réclusion et dirigée vers la prison de Jauer en Silésie. Elle est ensuite envoyée à Ravensbrück et meurt d'épuisement le 14 mars 1945.

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La forteresse de Breslau où étaient jugés le déportés "Natch und Nebel"-"Nuits et Brouillards"
GM

 

Les six Rennais sont envoyés dans une prison atelier de Schweidnitz, où ils doivent fabriquer des pièces. Le plus jeune, Pascal Lafaye, n'ayant pas d'expérience est dirigé au Camp de Mittelbau, bientôt rejoint par Jacques Tarrière qui après une tentative d'évasion est repris et envoyé dans le même camp.

Jacques Tarrière y meurt d'épuisement le 1er mars 1945 et Pascal Lafaye meurt pendant le bombardement du camp le 8 avril 1945.

A la suite de l'avancée de l'armée soviétique, Guy et ses camarades sont transférés à pied sur 60 kilomètres, par –25 degrés, à Hirschberg, dépendant du camp de concentration de Gross-Rosen. Ils seront libérés le 8 mai 1945, par les Soviétiques.

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Comme tous les déportés arrêtés pour répression, ils ont été soumis aux travaux les plus durs et ont subi toutes sortes d'humiliations. Ils ont fait "l'expérience de l'esclavage".

Guy est alors hospitalisé à Prague, puis après une halte à Paris, il rentre seul à Rennes, le 10 juin 1945, ses amis survivants étant déjà rentrés. Grand invalide de guerre, il ne lui faut pas moins d'un an pour s'en remettre physiquement. Durant cette période il prend des cours du soir à l'Ecole des Beaux-Arts pour passer un examen de dessinateur. Le 1er juin 1946, il entre comme dessinateur à l'Intendance Militaire.

Le Père de Guy Faisant étant mort le 18 février 1942 des suites de ses blessures de la guerre 14/18, Guy devient de ce fait pupille de la nation.

Le 14 mai 1948, Guy épouse Jeannine, à la Mairie de Rennes. Ils auront deux enfants et six petits-enfants.

Il passe ensuite un concours d'entrée aux Ponts et Chaussées et prend ses fonctions en 1954. En temps qu'ancien déporté, Guy peut prétendre à une retraite anticipée et quitte ce qui est devenu,entre temps, la Direction Départementale de l'Equipement (D.D.E.) le 23 octobre 1980.

Il peut alors consacrer plus de temps à deux activités parallèles : Les Hospitaliers Sauveteurs Bretons (H.S.B.) où il s’est engagé depuis 1948, et à la défense des intérêts moraux et matériels des anciens résistants et déportés.

Avec les Hospitaliers Sauveteurs Bretons il est chargé principalement de la formation de secouristes et de sauveteurs nageurs. A la demande de M. Lepeltier, Président National des Hospitaliers dont le siège se trouve 7 rue de l'Horloge à Rennes, Guy Faisant et un ancien camarade de l'Ecole d'Industrie, Yvan Zwingelstein,   créent la première école de sauvetage de France. Il devient Directeur Technique "Sauvetage" et participe plus à la formation qu'aux interventions. En 1967, les Hospitaliers Sauveteurs Bretons fusionnent avec la Société Centrale des Naufragés pour devenir la Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M.) où il continue son activité sous la présidence de M. Renault.

Pour la défense de ses anciens camarades de déportation, il s'investit dans différents comités. Guy devient le président de la section rennaise de la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes ( F.N.D.I.R.P.) .Il en est actuellement le vice-président départemental. Au sein du Comité de Coordination du Mouvement de Résistance (C.C.M.R.), sous la présidence de Marcel Viaud, il devient secrétaire du Comité.

En 1973, au décès de Marcel Viaud, Guy devient animateur à la tête du C.C.M.R. et supprime le poste de Président. Ultérieurement Lucien Rose sera élu Président d’Honneur de ce comité. Guy Faisant adhérent à l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (A.N.A.C.R.) depuis son origine, est président départemental depuis 2002.

Le groupe de collégiens de l’Ecole d’Industrie sera incorporé aux Francs-Tireurs et Partisans Français.(F.T.P.F.), Guy Faisant sera homologué sergent FFI.

Autre lien:http://falcya.free.fr/resistants/faisant/index.html

 

Décorations civiles et militaires :

Médaille d'or des H.S.B.
Médaille de la reconnaissance de la S.N.S.M.
Médaille d'or de la Jeunesse et des Sports
Médaille d'Honneur de Société et Encouragement au bien
Médaille de Combattant Volontaire de la Résistance
Médaille de Déporté Résistant
Médaille Militaire
Croix de Guerre
Officier de la Légion d'Honneur

(1)L'Organisation Spéciale, à la Libération, est considérée comme Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF)

(2) : Le premier convoi "NN" est parti en 1941 de Valenciennes et le second le 29 mai 1942.

 

Notice biographique de Joël DAVID

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