Ed: 20/01/2017   memoiredeguerre35@yahoo.fr

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Lucienne GERARD

Combattante volontaire de la Résistance

  

 

Lucienne GERARD est née le 7 août 1924 à Saint-Senoux (Ille-et-Vilaine), au sud de Rennes. Elle a à peine 16 ans quand les Allemands envahissent le département et elle a beaucoup de mal à admettre cette situation.

Parmi ses amis, certains accomplissent des actes contre les occupants et peu à peu, elle participe à ces actions.

En juin 1941, elle assure le transport de postes émetteurs pour le parachutage de Pléchâtel. Elle est un maillon important des services de renseignements des groupes de Résistance de la région de Pléchâtel, sous les ordres de Migaud, lieutenant FFCI qui est son fiancé.  Mais celui-ci est arrêté avec son père par la Gestapo et ils sont fusillés au Mont-Valérien. Lucienne se jette alors à fond dans la Résistance pour le venger.

En décembre 1943, elle est agent de liaison à l’Etat Major régional et son nom de code est alors « Josette ». Avec sa bicyclette, elle circule dans tout le département et en Mayenne pour apporter les messages aux combattants.

Le 1er décembre 1943, elle est nommée lieutenant FTPF. (Son matricule est 10 020).

Mais elle ne se contente pas de ces missions qui sont le plus souvent réservées aux femmes, elle participe à des combats et elle dirige un groupe d’hommes dans des combats en Ille-et-Vilaine et en Mayenne. Le 30 avril 1944, elle participe à l’attaque de la prison de Vitré où 47 Résistants sont libérés.

De janvier à mars 1944, elle participe aux attaques contre les lignes à haute tension Pontchâteau, Rennes, Goven, Avessac, Guipry.

Elle fait le transport de documents et de plans en zone côtière. Elle porte à qui en a besoin du matériel et des cartes d’identités et d’alimentation.

Elle assure le portage de matériel entre les groupes de Mayenne et d’Ille-et-Vilaine, de la Manche et du Calvados. Elle en assure la répartition.

Elle est alors nommée membre de l’Etat Major régional des FTPF, adjointe du commandant Pétri (pseudo : Tanguy).

Elle participe à la préparation de l’attaque de la prison de Dinan.

Du mois de juin au 10 août 1944, elle redouble d’activités et de prises de risques. Elle accompagne des groupes de parachutistes, elle fait la liaison entre l’Etat Major FTPF et le commandant Claude de Baissac, responsable d’une mission anglaise. Elle assure le transport de postes émetteurs du nord de la Mayenne où ils ont été parachutés jusqu’à Vieux-Vy-sur-Couesnon et à Pléchâtel. Elle assure la répartition et le transport de matériel pour les groupes mobiles combattant sur les lignes de communications, pour empêcher les troupes allemandes de monter vers la Normandie.

Elle participe aux parachutages de Fougerolles-du Plessis, la Baroche-Gondouin en Mayenne et elle transporte le matériel.

Elle se souvient d’un des messages annonçant le parachutage : « Les enfants aux yeux bleus pleurent… » trois fois. lors du parachutage de Pléchâtel le 16 juillet 1944.

En juillet 1944, elle assure des missions périlleuses en traversant des lignes ennemies, en transportant des postes émetteurs et du matériel de parachutage entre l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne.  

Louis Pétri, son commandant, termine son compte-rendu d’activités par ces mots : « Lucienne Gérard a été un agent de liaison d’un courage sans exemple parmi les femmes sous mes ordres. Elle a assuré, au péril de sa vie, de nombreuses missions (transports de matériel, de documents, de postes émetteurs…), souvent à travers les lignes ennemies. Elle a escorté des missions de parachutistes anglais, français et américains.

Lucienne Gérard nous a donné entière satisfaction, elle mérite la Légion d’Honneur. »

Mais Lucienne Gérard ne recherche pas les honneurs, ni la reconnaissance. Elle a fait son devoir, c’est tout. Quelque temps après la Libération, elle part s’installer dans le Midi de la France où elle passera le reste de sa vie.

 

                                                        Renée Thouanel-Drouillas.

 

                   Sources :     ADIV Fonds Pétri 167 J 41

                                      Témoignage de Léon Gendrot.