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Le double jeu de Madame JAN , Assistante du Devoir National

Ed:14/04/2016

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents sur cet événement  write5.gif (312 octets)

 

En gare de Rennes, auprès des réfugiés, dans les décombres des bombardements, dans les camps de prisonniers, escortant les convois funèbres*,... pendant quatre ans, elles furent partout où la guerre déversait ses horreurs et ses drames. Des religieuses, qu'elles n'étaient pas, ces femmes avaient adopté le costume et le goût du sacerdoce. On les appelait les « Assistantes du Devoir National ». Dénomination pompeuse pour une tâche on ne peut plus concrète : le secours, physique et moral, aux victimes de toute sorte. Cette institution, créée en 1931 par la Maréchale Foch, ne regroupait que des bénévoles. Leur rôle est rarement mis en valeur. On leur reprocha sans doute de travailler trop près des autorités. Mais pouvait-il en être autrement quand toute intervention, par exemple auprès des prisonniers, était soumise à autorisation ? Pourtant, les choses sont toujours moins tranchées qu'il n'y paraît. Témoin l'histoire de Mme Jan-Jouault. Cette "ADN" de la première heure, épouse du rédacteur en chef de l'Ouest-Eclair, obtint l'autorisation de visiter les prisonniers coloniaux internés au camp de la Marne dans des conditions de vie épouvantables. Avec sa charrette à bras, baptisée « Rosette l'espérée » (un joli pied de nez tricolore à l'occupant !) elle arpentait sans répit les marchés rennais, et la campagne environnante, en quête de nourriture. Voilà pour le côté face.

 Côté pile, c'est une véritable filière d'évasion qu'elle avait, seule, mise sur pied. De très nombreux prisonniers africains transitèrent ainsi, par la cave de son immeuble, avenue Louis Barthou, avant d'être dirigés vers la région parisienne, munis de costumes civils et de faux papiers. Activité d'autant plus risquée que l'appartement de M. et Mme Jan était occupé par des officiers allemands. C'est sans aucun doute une volonté et un aplomb hors du commun qui permirent à Mme Jan de passer au travers d'une perquisition, d'un piège tendu par des miliciens et même d'un interrogatoire serré à la Kommandantur. Les Allemands ne purent jamais confirmer leurs soupçons ! G.Lebrun

Jeanne, une vie presque normale

« Vous savez, je n'ai pas l'habitude de parler de cette période, même pas à mes enfants et petits-enfants. Qu'est ce que je peux bien vous raconter ? » Jeanne, qui a 80 ans, est un peu étonnée que l'on fasse appel à ses souvenirs sur la vie à Rennes pendant l'Occupation. Elle ne fait pas partie des figures de la Résistance, n'a pas eu de destin héroïque, n'a pas vécu de drame. Elle, pendant la guerre, elle tenait une petite épicerie en ville et faisait un peu de couture pour arrondir le budget familial. Une vie sans histoires en somme. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle ne parle pas de cette période: parce qu'elle ne se reconnaît pas dans l'image qu'on lui renvoie de la guerre. « Quand les Allemands sont entrés dans Rennes, tout le monde a eu très peur, mais ensuite, mis à part le rationnement, ça n'a rien changé, dit Jeanne. Tout le monde s'est débrouillé, personne n'a souffert de la faim. Les plus malheureux ont sûrement été les personnes âgées qui ne mangeaient qu'avec leurs tickets de rationnement ».

Source: Le Rennais juin 1994

 

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