Liste des biographies

Jean METAIRIE, chef départemental de l’Armée Secrète et son fils Jean

Source: http://www.wikiarmor.net/Jean_M%C3%A9tairie

 

Jean METAIRIE et son fils

Jean Métairie est né à Saint-Malo le 7 novembre 1887, son père avait pris part à la guerre de Crimée et au siège de Sébastopol. Il a été élève au collège ecclésiastique de Saint-Malo, puis étudiant en droit. Lors de la guerre 14-18 il part comme adjudant du 202° ( 60° Division de réserve) et obtient la citation suivante «  Très bon chef de section, énergique et brave, s’est distingué le 22 Septembre et du 26 au 30 Octobre 1917 en obtenant de sa section la plus belle attitude sous le feu intense de l’artillerie ennemie. Blessé et fait prisonnier, il s’évade d’Allemagne. Nommé sous-lieutenant, puis lieutenant il porte le drapeau de son régiment au défilé de la victoire à Paris. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur et démobilisé. Le 1er Novembre 1919, il prend le fond de commerce de vins situé rue du Docteur Rochard à Saint-Brieuc. Il eut deux enfants de son mariage en 1917 à Granville avec Melle Lucienne Champy. Son fils Jean naît en 1927, sa fille Madeleine en 1930.

La Résistance

Rappelé le 26 Août 1939, Jean Métairie organise la 2° Compagnie de passage du dépôt annexe d’infanterie n°44 à la caserne des Ursulines à Saint-Brieuc ainsi que le bureau des officiers dont il assure la direction. A l’arrivée des allemands à Saint-Brieuc le 19 juin 1940 il cache les fonds qui lui restait, libère le personnel placé sous ses ordres. Il se propose le 21 Juin 1940 quand les Allemands demandent des otages qui répondront de leur vie de la sécurité des officiers de la Wehrmacht. Il est ensuite prisonnier en Allemagne dans un stalag à Nuremberg. Son état de santé fragile, le manque de nourriture, la souffrance nécessite une hospitalisation. Il est renvoyé en France et retrouve Saint-Brieuc le 13 Juin 1941. Son engagement dans la résistance s’effectue après avoir fait la connaissance de l’Abbé Fleury au sein du mouvement Défense de la France avec Pierre Loncle et Pierre Kerautret. Jean Métairie est un des premiers membres du C.D.L. clandestin. Il assiste aux réunions qui ont lieu dans la sacristie de son ami l’abbé Fleury dans le quartier Saint-Michel de Saint-Brieuc.

L'Armée Secrète

Après l’arrestation de Vallée, Jean Métairie est nommé chef départemental de l’Armée Secrète qui regroupe les forces armées de Défense de la France, Libé-Nord, l’O.C.M et de l’O.R.A.. Malade il refuse de prendre la tête des F.F.I.

Le 1er juillet 1944 il est arrêté par la Gestapo à son domicile en compagnie de l’Abbé Fleury et de son fils Jean. Quelques instants plus tard c’est le tour de l’épouse de Jean Métairie, de leur fille Madeleine, de leur bonne et d’un agent de liaison de Défense de la France d’être arrêtés. Les femmes seront internées également à la prison de Saint-Brieuc après un interrogatoire. Elles seront libérés le 9 Juillet. Après avoir été torturé Jean Métairie est assassiné par la Gestapo dans la forêt de Malaunay dans la matinée du 10 Juillet 1944 avec son fils, l’abbé Fleury et 14 autres martyres victimes de la barbarie nazie. Leurs corps enterrés rapidement dans une fosse à munitions seront découvert le lendemain par des ouvriers de l’usine Tanvez de Guingamp réquisitionnés par la Wehrmacht pour abattre des arbres le long de la R.N 12. Les obsèques officielles de Jean Métairie, de l’Abbé Fleury ainsi que Pierre le Gorrec eurent lieu après la Libération le 23 Août avec tous les honneurs dus à leur courage et à leur sacrifice.

« M. Métairie était revenu épuisé d’une dure captivité. Mais dans cet organisme affaibli, l’âme demeurait indomptable. Il frappait dès l’abord tous ceux qu’il approchait par un certain air d’énergie farouche. Rien ne comptait plus pour lui que la volonté tenace de bouter l’allemand dehors. Je ne crois pas avoir jamais rencontré personnification plus accusée de la résistance à l’oppresseur en ce qu’elle a de plus élémentaire et de plus résolu. De telles dispositions, jointes à son passé d’officier de réserve, lui valurent d’être promu au commandement de l’organisation militaire départementale après l’arrestation de M. Vallée. » ainsi s’exprimait l’abbé Chéruel lors de l’hommage rendu en l’Eglise Saint-Michel le 23 août 1944 à six patriotes dont Jean Métairie, son fils et l’abbé Fleury.

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