Ed: 18/01/2016

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Jean Milon (1922-1941)

Volontaire FFL, mort pour la France disparu en mer au cours d'une mission

  Liste des biographies

 

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Né à Rennes, le 2 juillet 1922, Jean Milon était en 1939 élève officier de la Marine Marchande, et s’était engagé dans la Marine nationale. Le 3 juillet 1940, il était présent lors de l’épisode douloureux de Mers-el-Kébir, durement ressenti par les marins français qui en voulurent longtemps aux Anglais. Aussi lorsqu’un peu plus tard il revint à Rennes, en août, chez ses parents, le jeune homme n’était pas a priori favorable à l’Angleterre.

Son père, Yves Milon, doyen de la Faculté des Sciences, qui avait déjà choisi de lutter contre les nazis, le convainquit cependant que la poursuite du combat passait par de Gaulle et donc par l’Angleterre.

Accompagné d’un autre Rennais, Jean Milon partit 6 jours plus tard, traversa l’Espagne et parvint à gagner Gibraltar où tous deux signèrent leur acte d’engagement dans les Forces Françaises Libres, auprès de la Délégation de la France Libre. C’est là que, sollicité pour donner des adresses de français qui accepteraient d’aider les agents du 2° Bureau des FFL, il donna celle de son père. Celle-ci fut effectivement transmise et communiquée au commandant du 2° Bureau, d’Estienne d’Orves, qui devait  s’en servir lui-même quelques mois plus tard.

A son arrivée en Angleterre, et bien qu’engagé dans les FFL, Jean Milon fut intégré dans les services  britanniques de l’Intelligence Service (MI 6, French section). A 18 ans, Jean Milon se retrouva donc au nombre des tout premiers agents de renseignements en activité, puisque dès novembre 1940 il était de retour en France pour une première mission dans l’ouest. La seconde mission dont il fut chargé, avec l’équipe nommée par les Britanniques « The Johnny’s group », marqua en mars 1941, les débuts du réseau Johnny auquel appartint aussi son père. Au cours de cette mission il échappa de justesse aux Allemands à Saint-Nazaire, gagna Rennes où il séjourna 2 jours, avant de rejoindre la côte et le bateau qui devait le transporter (7 avril 1941). Celui-ci ayant été intercepté par les Allemands, il dut embarquer seul sur  un petit voilier de 6 m, La Madelon  (nuit du 12 au 13 avril 1941).

Jean Milon, disparu avec son bateau au cours de la traversée, ne parvint jamais en Angleterre. Il n’avait pas 19 ans. 

 

 

Une rue de Rennes (entre la rue des Français Libres et la rue Saint-Hélier) porte le nom de Jean Milon. Il a reçu à titre posthume, la croix de chevalier de la Légion d’honneur, la médaille militaire, la croix de guerre avec étoile de vermeil, et le King’s Order britannique.

                                                                                              Yves RANNOU