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Émile Morice

(1909-1979)

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Émile Yves Marie MORICE, né le 18 septembre 1909 à Pontrieux dans les Côtes d'Armor, était professeur d'allemand au lycée Chateaubriand de Rennes. Pendant la guerre il assuma un rôle délicat d'interprète entre les autorités allemandes et françaises, le recteur d'Académie l'ayant pris pour interprète et pour conseiller pendant la durée de l'occupation allemande. Henri FRÉVILLE le qualifia de germaniste de grande valeur et de patriote averti. René PATAY qui vient d'être nommé maire par le préfet BOUCHE-LECLERC, est amené à accompagner celui-ci pour une visite officielle au chef de la Gestapo auquel il demande que les personnalités internées au camp Margueritte soient relâchées ; il obtient en partie satisfaction, grâce aussi à l'influence de M. MORICE, souligne-t-il. Celui-ci, profitant du départ du S.D. pour Angers, obtint, le 1er août, que les derniers otages soient immédiatement libérés.
 
Il avait également obtenu la signature de la Kommandantur pour l'élargissement de tous les autres internés (Convoi du train de Langeais) qui n'a pas pu être mis à exécution par suite du retour anticipé à Rennes de BREUER, chef de la Gestapo.
 

 Extrait du rapport du lieutenant-colonel Le Bouteiller, chef du Bureau régional de Sécurité Militaire (Réseau Navarre) de Rennes de mai 1943 à fin août 1944) ( ADIV 6ETP2/65)

"Contacté  vers le 29 juillet 1944 par le chef du Bureau régional de Sécurité Militaire clandestin de Rennes, il est chargé de démoraliser l'Oberst (colonel) chef de la Kommandantur de Rennes, d'élargir le fossé entre les services de la Wehrmacht et du SD (service de renseignement de la SS) et de transmettre tous renseignements à ce sujet.
De cette activité, M. MORICE au profit du Bureau de la Sécurité Militaire de Rennes sous l'occupation, découle directement:

Les obstacles à l'activité du S.D. de Rennes en juillet 1944.
La libération par surprise des otages français détenus à la caserne Margueritte, qui fut réalisée le 1er août 1944.
La non destruction au départ de la Gestapo des archives de ce service  ennemi, groupées dans l'ancien collège Saint-Vincent de Rennes, siège de ces bureaux.
La démission morale du chef de la Kommandantur de Rennes le 2 août 194, qui séquestré à la Faculté des Lettres sur les conseils de M. MORICE, s'est livré prisonnier dès l'annonce de l'arrivée des troupes alliées de la Libération."Source:

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    Émile MORICE fut l'un des fondateurs du Centre d'échange franco-allemand de Rennes, en 1975.


    Distinctions:
    Promu officier de la Légion d'Honneur (décret du 23 décembre 1973)
    Officier du Mérite militaire
    Officier du Mérite national
    Officier des Palmes académiques
    Croix de guerre

Témoignage

Je soussigné, AUGUIN Raymond, chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 1939/1945 et au titre de la Résistance, médaillé de la Résistance, chevalier de l'Instruction Publique, domicilié à Rennes, rue Anatole France à Rennes.

Certifie comme exacte les faits suivants concernant Monsieur MORICE, professeur d'allemand au lycée de garçons de Rennes, agrégé de l'Université :

De août 1940 au 1er août 1944, a exercé, par ordre de Monsieur Galletier, recteur de l'Académie de Rennes, les fonctions de représentants de l'Université auprès des autorités allemandes, ce qui lui a permis de récupérer plusieurs bâtiments scolaires et d'empêcher la réquisition de certains autres.

A empêché un certain nombre de réquisitions matérielles en dissimilant les bons de réquisition établis par les autorités allemandes.

A partir d'août 1941 à la Libération, à la demande expresse de Me CHEVALIER, Bâtonnier de l'ordre des avocats de Rennes, a défendu les inculpés français devant les tribunaux allemands, particulièrement la Feldkommandantur 748; le Tribunal de l'Armée de l'Air à Laval, la Felkommandantur de Quimper. dans cette action, grâce à sa parfaite connaissance de la langue et de la psychologie allemande, a réussi à sauver la vie de plusieurs inculpés: CHALOPIN Pierre (affaire HERVÉ - N° 999/42)

En septembre 1943, LECUE de Chartres-de-Bretagne et TESSIER qui ont aidé un Allemand à déserter en lui donnant un complet civil (LECUE avait brûlé l'uniforme allemand). Son intervention dans cette affaire a sauvé une dizaine d'inculpés.

En décembre 1942, a fait libérer l'étudiant MASSOT qui arrêté pour manisfestation anti-allemande, devait accomplir sa peine en Allemagne.

A obtenu qu'environ des réductions de peine dans de très nombreux cas et même quantité d'acquittements.

A obtenu qu'environ une centaine de condamnés ne soient pas déportés en Allemagne.

A sauvé de nombreux étudiants de l'emprisonnement et de la déportatio, ainsi que peuvent en témoigner Monsieur MILON, doyen de la Faculté des Sciences et Monsieur HOUALET, Directeur de l'École dentaire.

A empêché la réquisition des bibliothèques universitaires et municipales de Rennes.

Le 1er août 1944, a obtenu par son intervention personnelle la libération de 31 otages détenus par la Gestapo au camp Margueritte à Rennes, empêchant ainsi leur transfert - prévu pour le lendemain - en Allemagne (Parmieux: M. KERAMBRUN, 1er Président de la Cour d'Apple de Rennes, M. WOLF, Doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, M. Georges JULIEN, M. FROTTE, maire de Pontivy, M. RUPIED, Président du Conseil général d'Ille-et-Vilaine. Avait également obtenu la signature de la Kommandantur pour l'élargissement de tous les autres internés (Convoi du train de Langeais) qui n'a pas pu être mis à exécution par suite du retour anticipé à Rennes de BREUER, chef de la Gestapo.

A pris contact en 1944 avec le capitaine MOYNET (actuellement colonel).

A sauvé et remis à la SN / TR de nombreux et importants documents allemands.

Après la Libération, a apporté au commandement régional des prisonniers de guerre de l'Axe. Je faisais partie comme chef du 4ème Bureau, une aide très précieuse dans la recherche et l'identification des criminels de guerre.

Je suis d'ailleurs certain que toutes les personnalités citées dans la présente attestation sont à même de la confirmer, chacun en ce qui le concerne.

Délivré à Monsieur MORICE de l'obtention de la carte de combattant.

Signé AUGUIN

Le Hauptscharführer Adolf BREUER était membre de la police de sureté SS de Rennes (SD) à la cité des Étudiantes. Il parle très bien le français et même l’argot. Une vraie brute, il interrogeait ses prisonniers à coups de cravache. Breuer avait pour maitresses une certaine M.-T. H. et une femme D. En fuite à la Libération de Rennes, il fait l'objet d'un avis de recherche. Arrêté en Belgique, il est incarcéré à Bruxelles. Le CDL 35 réclame son extradition. Inscrit sur la liste des criminels de guerre à Londres, il se suicide à Bruxelles sachant qu’il allait être livré à la justice française.

C'est lui qui procéda aux arrestations du réseau DEPLANTAY à Redon et de Gaston TARDIF au Grand-Fougeray avec des membres du Bezen Perrot."

Source: Agents du Reich en Bretagne de Kristian HAMON pages 290, 291, 292.

 

Courrier d'un otage de la baraque 14

Sources: ADIV 6ETP2/65 ; WikiRennes

      

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26/08/2016