Ed: 06/04/2017

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Victor QUÉRET, acteur d’une tentative d’évasion par la mer et auteur du récit d’une tragédie en 1941

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  sur la Résistance en Ille-et-Vilainewrite5.gif (312 octets)

 

Victor, Eugène Quéret est né le 28 janvier 1917 à Paris Xè (Seine). Engagé en Résistance, il est inscrit comme agent P1/ P2 au réseau Hector de la France Combattante, implanté en zone occupée par Alfred Heurteaux.  Mécanicien de la marine, il est domicilié à Dinard (Ille-et-Vilaine).  Le 12 février 1941, il décide de s’évader de France et de gagner l’Angleterre. Avec d’autres, il achète un bateau de pêche, un cotre de 9 tonnes, dénommé le Buhara,  à un prix fort, nécessitant que chacun mette la main à la poche. Dans la nuit du 12 février, quinze hommes embarquent à bord du Buhara : anciens pilotes ou élèves-pilotes, experts dans la navigation, comme Victor Quéret.   Le 13, le cotre, en difficulté,  est arrêté par un patrouilleur allemand  à 50 kms environ au nord-ouest de Guernesey. Arraisonnés, pris en remorque, ils sont débarqués à Cherbourg. Le jugement a lieu le 3 mars 1941 à Saint-Lô (Manche).  Tous sont condamnés à mort, à l’exception du plus jeune, Maurice Quéret, âgé de 16 ans qui écope de 7 ans d’emprisonnement. Le 12 avril 1941, Pierre Devouassoud et Jean-Magloire Doranne, considérés comme initiateurs  et bailleurs de fonds du projet, sont fusillés à l’abbaye de Notre-Dame de l’Etoile, près de l’aérodrome de Montebourg (Manche). Victor Quéret  est interné à Cherbourg, puis à Saint-Lô (Manche). Le 25 avril 1941, il est déporté en Allemagne, à Düsseldorf et à Luttringhausen,  jusqu’au 6 mai 1945, date de sa libération par les armées alliées.

Victor Quéret eut la lumineuse idée de rédiger, dans sa cellule de la prison de Saint-Lô, un récit détaillé de la tragédie qu’il remit à la fille du gardien-chef de la prison, Odette Panier. Le document passa de main en main  chez les résistants qui le dupliquèrent et le firent distribuer à Saint-Lô. Ainsi était fortifié l’esprit de la Résistance contre l’occupant.

Reconnu déporté résistant. Médaille de la Résistance Française. Médaille des Evadés. Stèle à la mémoire des quinze jeunes Français libres, à Fréhel Port-Nieux (Côtes-d’Armor).

SOURCE : AVCC, Caen - ADIV 167 J 52 - Site Internet, mémoire de guerre,  L’équipage du Buhara

Daniel Heudré