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La rafle de 20 otages du 28 juillet 1944 à Guignen

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  photographiques des déportés   


Le 28 juillet est un douloureux anniversaire pour les habitants de Guignen. En 1944, à la fin de l'occupation allemande, Guignen connut, à cette date des événements dramatiques qui demeurent très présents dans les mémoires.

Pour vous les relater nous avons mené une enquête auprès des gens qui vécurent cette période. les témoignages recueillis concordent pour l'essentiel et nous allons tenter de vous rapporter les faits tels qu'on nous les a racontés.

Le 27 juillet, sur la route de Lohéac, près des Réhaillières, des coups de feu sont tirés sur une voiture allemande,. Un ou plusieurs militaires sont touchés mais la voiture peut continuer sa route vers Rennes où les rescapés donnent l'alarme. A Guignen, ce jour là, on n'est au courant de rien, mais un contrôle d'identité opéré dans la soirée surprend et inquiète les gens du bourg.

Le lendemain 28 juillet 1944, des rumeurs commencent à courir. La plupart des gens ignorent toujours l'attentat des Réhallières, mais une certaine tension règne au sein de la population et lorsque vers 19 heures, des camions allemands camouflés avec des branchages s'arrêtent sur la place, tout le monde pense à une rafle. des soldats en armes sautent des camions; ils se dispersent dans toutes les rues et se dirigent vers les entrées des maisons. ils font sortir les hommes et les conduisent mains en l'air, sur la place de l'église en les poussant avec leurs fusils? Bientôt un groupe important est réuni. Combien étaient-ils? certains disent plus de 60, d'autres une centaine. Ce qu'on ignore, à ce moment là, c'est qu'avant la le début de la rafle, le bourg a été complètement encerclé et qu'on ne peut pas fuir. certains hommes ont pourtant échappé à l'arrestation: les uns se sont cachés dans les jardins, dans les greniers, d'autres se sont dissimulés dans un champ d'avoine; d'autres encore se sont couchés, et se sont portés malades, mais les stratagèmes n'ont pas toujours réussi.

Témoignage de Jean Gicquel (Il avait 8 ans en 44)

 Ce triste soir nous étions quelques-uns dont Aristide,  Marion,  Bernard Houyère, Marcel Jouet à faire de la barre fixe derrière chez Julienne Péan. Quelqu'un est venu nous prévenir que les Allemands rassemblaient tous les hommes sur la place, nous sommes partis très vite, Marcel Jouet et moi et en passant nous nous sommes réfugiés chez cette dame de la rue Gimbert autour de la table. Les Allemands sont entrés et ont emmené Marcel Jouet et peut-être une ou 2 autres personnes. Marcel Jouet travaillait chez ma mère qui avait une forge maréchalerie.

On n'a pas oublié  la présence d'esprit d'une réfugiée de la rue Gimbert qui a installé un groupe de jeunes autour de la soupière familiale pour les soustraire à l'arrestation. tout le monde raconte aussi l'histoire de Julienne Péan qui a tant crié pour réclamer son fils que les Allemands le lui ont rendu.

Sur la place, les prisonniers ont attendu longtemps, peut-être 2 à 3 heures, on ne sait plus; parmi eux, il y a beaucoup de jeunes mais aussi des hommes plus âgés: le recteur M. Dubreuil qui récite son chapelet à haute voix, des infirmes comme Pierre Lemée à qui on a toutefois permis de baisser les bras, et bien d'autres encore.

Au bout d'un certain temps, les plus âgés sont renvoyés chez eux puis 20 otages choisis parmi les plus jeunes, montent dans les camions. les Allemands tirent alors des coups de feu en l'air et lancent des fusées pour donner l'ordre aux soldats qui encerclent le bourg de rejoindre leurs véhicules.

Dans les camions les prisonniers crient, certains pleurent. Des femmes s'approchent pour voir si leurs fils ou leurs maris sont là; puis dans la nuit tombante, les camions s'éloignent vers Rennes. D'après les témoignages recueillis, les Allemands, parmi lesquels il y avait des Alsaciens, ne brutalisèrent personne.

Les Allemands attaqués la veille ne l'ont pas été par des résistants , mais par des bandits a des fins de profits. Ils ont d'ailleurs été arrêtés après la guerre pour des délits de droit commun suite à une attaque d'un buraliste.

Le soir même, la prison de Rennes, étant pleine, nos jeunes gens furent conduits au camp Margueritte. Le lendemain et les jours suivants, leurs familles tentèrent en vain de les voir, et leur portèrent des colis.

Dans les nuits du 2au 3 août et du 3 au 4 août, plus de 700 prisonniers, parmi lesquels les otages de Guignen sont entassés dans des wagons à bestiaux en direction de l'Allemagne. Les destructions de voies ferrées, causées par les bombardements allés, ne permettent pas d'utiliser le trajet direct vers Paris.  Les convois furent dirigés vers la Loire. Au  Lion d'Angers après un long arrêt, les deux convois ne font plus qu'un. Le train arriva à proximité de Langeais le 6 août. Il avait mis 18 heures pour parcourir les derniers 50 kilomètres! Le pont ferroviaire de Langeais étant détruit, on fit descendre les prisonniers les prisonniers sur le ballast. C'est à ce moment que des avions anglais piquèrent sur le train et le mitraillèrent. dans l'affolement général, 180 prisonniers s'échappèrent. Quelques-uns furent repris ou abattus mais la plupart réussirent leur évasions en traversant la Loire et se cachèrent dans des fermes.

Après le mitraillage, les prisonniers, conduits à pied à Tours, furent acheminés par le train jusqu'à Belfort où, le 26 août, les Allemands libérèrent quelques personnes avant de diriger les autres vers les camps de concentration du Struthof, de Neuengamme et de Ravensbrück.

L'histoire des deux derniers convois de Rennes

 

8 sont morts en déportation

BAILLEUIL
Aimé

Né le 29 décembre 1916 à Vitré. Instituteur à l'école publique. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté lors du dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort. puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. (Matricule 43915). Il décède à Wilhelmshaven le 4 janvier 1945.

BENOIST
Frédéric

Né le 3 octobre 1914 à Chatillon-sur-Seiche (35). Clerc de notaire chez Maître Meslin. Né à Chatillon-sur-Seiche (35). Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté lors du dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort. puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. (Matricule 43917). Il décède à  Wilhelmshaven (Document)

CLOTEAUX
René

Né le 14 avril 1925 à Guignen (35).  Cordonnier. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. Autre lieu de déportation: Wilhelmshaven. Il décède à Neuengamme en septembre 44.

GUEHENNEUX Louis

Né le 28 janvier 1920 à Bréhan (56). Instituteur à l'école privée, il est arrêté comme otage. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. (Matricule 43926). Il décède le 24 mai 1945 en Suède (Avant le rapatriement).

HOUYERE
Bernard

Né le 24 février 1928 à Guignen. Forgeron. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. Décédé en déportation.

JOUET
Marcel

Né le 18 septembre 1925 à Goven , forgeron. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. Il décède à Wattensted le 4 mars 1945

LE CANN
Paul

Né  le 31 mai 1925 à Rennes. Il faisait ses études d'ingénieur aux Arts et Métiers. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté lors du dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme.( matricule: 43912). Autres lieux de déportation:  Wilhelmshaven. Il décède le 7 avril 1945 à Lunebourg. Une partie du Kommando de Wilhemshaven est  évacué le 3 avril 1945, par un transport ferroviaire d’au moins 400 blessés et malades, qui est attaqué le 7 avril par l’aviation alliée en gare de Lunebourg. Les pertes sont terribles, et au moins 60 déportés partis de Belfort y laissent la vie. D’autres sont ensuite exécutés par les SS, alors que les survivants sont conduits en camion au camp de Bergen-Belsen libéré le 15 avril 1945.

MARION
Aristide

Né le 13 juin 1916 à Rennes. Électricien. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. (Matricule 44167). Décédé le 26 mai 1945 à Helsingberg (Suède). Autre lieu de déportation: Wilhelmshaven.

 

Revenu de déportation

MARTIN Roger. Né le 26 septembre 1919. Incarcéré au camp Margueritte, il est déporté lors du dernier convoi du 3 août 1944 vers Belfort, puis transféré le 29 août 1944 vers Neuengamme. Autre lieu de déportation: Wilhelmshaven.

 

8 Évadés à Langeais le 6 août 1944

BOURLET Fernand

.

CLOTEAUX Auguste

.

CLOTEAUX Gervais

Né le 20 avril 1924.

CLOTEAUX Jean-Baptiste

Né le 10 octobre 1915.

ESSIRART Francis

.

LEBEC Jean

Directeur de l'école publique de Guignen, 35 ans

MONNIER Eugène

.

PAVOINE Pierre

Né le 12 septembre 1923

 

Libérés à Belfort

CIRRODE
Paul
Né le 13 décembre 1920 à Rennes.
LETOURNEL
Auguste
Originaire de Guignen.
NOGUES Réfugié arrêté à Guignen. Né le 12 janvier 1919. Libéré le 28 août 1944 à Belfort.
 
Vitrail des jeunes déportés de Guignen du 28 juillet 1944

 

Pour enrichir la mémoire du passé, nous recherchons des témoignages ou des documents  photographiques des déportés   

                                                   Source:  Mme Coutel

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