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Liste des témoignages

mahoudo-marcel.jpg (5554 octets)MAHOUDO Marcel, né le 2 septembre 1907 à Saint-Brieuc (22). Boucher chevalin à St Brieuc, il rentre dans la Résistance dans les F.T.P.F. quand il est arrêté à son domicile le 29 avril 1944 par la Gestapo. Emprisonné du 29 avril 1944 au 20 mai 1944 à la prison de St Brieuc où il a été torturé, il est transféré au camp Marguerite à Rennes (Baraque 10 d'Héger). Le 3 août, il monte dans le dernier convoi qui quitte Rennes. Il réussit à s'évader, lors du mitraillage du train à Langeais le 6 Août 1944. Source: DAVCC Caen). Article.

 

Témoignage de Marcel MAHOUDO

Saint-Brieuc Je fus arrêté le 25 avril à 20-.h/30 chez moi, et amené aussitôt  la Feldgendarmerie, menottes aux mains

Le lendemain., toujours avec les menottes»; je rentre à. la prison, On me colle à la c fosse :aux lions »» lieu: extrêmement hygiénique, renfermant trente-deux détenus, disposant d’une seule tinette. Un peu de paille pourrie comme literie moderne.

Dix jours après, le 8 mai, à 8h30, ces messieurs de la. Gestapo nous -appellent, .Marcel Beaumont et moi, nous mettent, une fois de plus, les menottes, et nous conduisent en voiture, boulevard Lamartine…

Marcel est descendu dans une cave. Moi, je passe dans un bureau où il avait trois gestapistes, assisté du trop fameux E……, ce jeune intellectuel français, de triste mémoire.

L’interrogatoire a lieu, mais ne donne aucun résultat.. On m’introduit dans une pièce voisine. On me met torse nu, mains et pieds attachés, la bouche bandée. Et la séance  commence. Se relayant à trois, la cravache plombée entre en danse. Rien ne sort de mes lèvres que je mors à pleines dents. Les brutes ne se fatiguent pas. Jusqu’à midi les coups tombent, venant à bout de mes forces physiques, mais pas au point de ne pas entendre l’angélus de l’église Saint-Michel. Les salauds, ils se fatiguent avant moi, et me descendent couvert de sueur, dans une cave où j’aperçois une baignoire. La baignoire dont on a tant parlé. Ils me mette à nu, les mains menottées derrière le dos, et me plongent dans une eau glacée et sale qui me saisit atrocement. Comme ça ne suffit pas, ils m’attachent les pieds, les ramènent par-dessus la tête, me mettent ainsi dans l’impossibilité de faire un mouvement. On me sort la tête de la flotte de temps à autre pour me faire avouer, en vain. Et cela dure presque  une heure.

Je suis mis ensuite au cachot jusqu’à neuf heures du soir, et conduit à la prison dans un état tel que je ne puis bouger un membre pendant trois semaines. 

Rennes.  — Le 28 mai, un mois après mon arrestation, nous quittons Saint-Brieuc pour le camp de Margueritte à Rennes, où nous connaissons le charmant régime des trognons de choux, midi et soir, pendant un mois. Adieu Saint-Brieuc, les copains, le bon coup de rouge dans les bistrots de la Résistance et le frichti de la mère Mahoudo !

Un jour, des camarades nous quittent pour être fusillés. Le matin du 2 août, à 2 heures, deux mille d’entre nous sont rassemblés et conduits à un train qui se trouve à 7 kilomètres ; il fallut les faire à pied. On nous entasse à quarante cinq par wagon, avec nos pauvres bagages, et nous roulons jour et nuit jusqu’au 6 août, à 7 heures du matin.

 Langeais.  — Nous sommes à Langeais.

Impossible d’aller plus loin : le pont de la Loire a sauté. Et l’on reste sur place, toute la journée, jusqu’à 17 heures, avec un quart d’eau pour toute pitance si la population ne suppléait un peu la carence de nos gardiens.

Soudain, un bruit d’avions. Les Boches, qui nous gardent dans les wagons, reçoivent l’ordre de se mettre à l’abri et nous enferment. Au premier mitraillage, je me lève et m’aperçois que la porte n’est pas complètement fermée. Plusieurs camarades et moi réussissons à nous évader.

La Loire est là, à 300 mètres. Je m’y plonge jusqu’au cou, car les gardiens sont en chasse, au cours de laquelle quarante sept camarades sont tués. Vers trois heures du matin, profitant d’un calme du secteur, je repère une ferme où l’on m’accueille parfaitement et où je retrouve plusieurs compagnons dont un Anglais. Par crainte de représailles, les gens nous cachent dans une île de la Loire pendant huit jours. Matin et soir, il viennent assurer notre subsistance. 

Retour.  — Et ce n’est que le 17 août, après avoir fait l’auto-stop, et en glanant par-ci, par-là notre nourriture, que nous pouvons rentrer chez nous. Le reste du convoi du train maudit est reparti à pied (25 kilomètres) pour Tours, le 7 août. Embarqués à nouveau, les gars sont arrivés en Allemagne…

                                                                         Marcel Mahoudo 

                                         Diplôme F.T.P.F. signé par Charles Tillon

Source: Famille Coiffard

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       24/03/2017