Plan du site- Liste des lieux de déportation

Le KL MAUTHAUSEN

Le KL Mauthausen, situé en Autriche annexée, a été construit sur une colline dominant le Danube, à une vingtaine de kilomètres en aval de la ville de Linz. Il se présente sous l'aspect d'une forteresse imprenable avec son mur d'enceinte en granit et ses chemins de ronde, ses tours de guet et ses meurtrières.
Ouvert au mois d'août 1938, peu de temps après l'Anschluss comme une simple annexe du KL Dachau, à proximité immédiate de la carrière du Wiener Graben, le camp est occupé au départ par des détenus allemands et autrichiens, dont le nombre n’excède pas le millier à la fin de l'année 1938. Il connaît ensuite un premier essor à l'automne 1939 avec l'arrivée de plusieurs centaine de déportés.

 

 

 

L'entrée du camp

L'escalier de la mort

(Source Wikipedia)

Camps annexes de Mauthausen

(Source Wikipedia)

 
 

Au cours de l'année 1940, la population du camp s'internationalise avec l'arrivée des premiers convois de détenus polonais, puis, à partir d’août 1940 de Républicains espagnols. Au printemps de la même année, le camp de Gusen, situé à environ cinq kilomètres du camp central est ouvert. Le système bicéphale Mauthausen / Gusen connaît ensuite un essor considérable : jusqu'au mois de février 1942, près de 30 000 détenus y sont déportés. Dans le même temps, la mortalité augmente considérablement, notamment à Gusen. Mauthausen est en effet, le seul KL réservé aux détenus de la catégorie III ("les irrécupérables"). A partir de l'été 1941, les SS commencent à recourir aux assassinats par gaz : plus de 2 500 détenus périssent dans le centre de mise à mort d'Hartheim. Au printemps 1942, une chambre à gaz entre en service au KL Mauthausen1.

Dans la seconde moitié de la guerre, la mobilisation de la main-d’œuvre concentrationnaire au service de l'industrie de guerre allemande provoque l'éclatement du système bicéphale Mauthausen / Gusen et la constitution d'un réseau de plus de 60 Kommandos extérieurs. Quatre grands Kommandos extérieurs, tous souterrains, drainent la majeure partie des effectifs: Loibl-Pass, tunnel routier, Ebensee, usines d'essence synthétique et d'armement, Gusen, armement et aéronautique, Melk, usine de roulements à bille. 85 000 hommes sont déportés au KL Mauthausen en 1943 et 1944. De 15000 détenus au mois de mars 1943, la population du camp passe à plus de 25 000 à la fin de l'année 1943, à 30 000 au mois de mars 1944, à plus de 50 000 en juillet 1944, à plus de 70 000 en décembre 1944 et, enfin, à plus de 80 000 au mois de février 1945. La mortalité reste élevée et nécessite l'apport continu de nouveaux détenus. Les opérations de gazage des détenus "inaptes au travail " se poursuivent et coûtent la vie à plus de 3 500 déportés.

L'automne 1944 marque le début d'un nouvel essor de la mortalité : le climat, le creusement de galeries souterraines dans les Kommandos extérieurs afin d'y abriter la production d'armement, l'engorgement du camp central à partir de janvier 1945, en raison de l'afflux de convois d'évacuation venant du KL Auschwitz, la poursuite de la pratique des assassinats par gaz en sont à l'origine. Plus de 45 000 détenus seraient ainsi décédés durant l'hiver 1944-1945 et le printemps 1945.

Ce qui restait du crématoire en 1948( Document Jean Courcier)

Au total, plus de 200 000 hommes et femmes ont été détenus au KL Mauthausen ou dans ses Kommandos extérieurs et le nombre de morts est estimé à 120 000.

Plusieurs milliers de Français et de Françaises ont été détenus au KL Mauthausen.

Parmi eux, environ 4 700 d'entre eux sont arrivés par transports depuis Compiègne-Royallieu : les deux premiers partent les 16 et 20 avril 1943 avec chacun environ 1 000 hommes, le troisième, le 22 mars 1944 avec plus de 1 200 hommes, le dernier, enfin, le 6 avril 1944, avec 1 500 hommes environ.

Outre les détenus transférés à Mauthausen depuis les autres camps, on trouve plus de 500 personnes parties de France mais qui ont d'abord transité par le camp de Neue Bremm, à Sarrebruck, alors qu'au moins une centaine de déportés français ont été internés au KL Mauthausen après une arrestation sur le territoire du IIIe Reich (chiffre probablement à revaloriser).

Les Kommandos du KL Mauthausen situés dans l'agglomération viennoise et dans le Gau du Niederdonau sont évacués devant l'avance de l'Armée Rouge dans la première moitié du mois d'avril 1945. mais la majeure partie des détenus de ces Kommandos avait été transférée auparavant vers le camp central et vers Ebensee avec des fortunes diverses. Les derniers jours précédant l'arrivée des éléments avancés de la IIIe Armée américaine (5 et 6 mai 19452) sont marqués par une mortalité effroyable.

Équipe du Livre-Mémorial

 

TEMOIGNAGE d'UN PRISONNIER (La vie à la carrière)

                     

Chronologie de la Libération des camps de Mauthausen et Gusen en mai 1945

Du 18 avril au 28 avril 1945, la Croix Rouge Internationale évacue en priorité 756 femmes : françaises, belges, hollandaises, puis les hommes de ces nationalités en majorité, en 3 transports de camions vers la Suisse.

Le 28 avril 1945, la majorité des détenus français et belges valides de Gusen remontent à pied vers le camp central de Mauthausen. Peut être en vue d'une nouvelle évacuation. Le témoin, Serge Choumoff, est parmi eux. Le délégué de la Croix Rouge, Louis Haeflinger, était resté à Mauthausen.

Le 29 avril 1945, la constitution d'un Comité clandestin des détenus du camp central. Plusieurs réunions à partir de cette date.

Le 30 avril 1945. Le suicide de Hitler à Berlin.

Le 1er mai 1945, le Gouverneur de la Haute-Autriche, Eigruber, déclare à la radio « notre ennemi mortel se trouve à l'Est ».

Le 2 mai 1945, les détenus des crématoires de Mauthausen (3) et de Gusen (8) sont liquidés par balles. Neuf détenus de Mauthausen se sont cachés dans le camp des malades pour échapper au massacre.
Nuit du 2 au 3 mai 1945, toute la troupe SS quitte, dans la nuit, le camp central, habillée en civil. Elle est remplacée à la garde du camp parla police des pompiers de Vienne et des unités auxiliaires (Volkssturm). Le nouveau responsable du camp est le Dr Durmayer qui obtient que la nouvelle garde ne pénètre pas dans l'enceinte des camps de Mauthausen et Gusen.

Le 4 mai 1945, dans les camps, les pillages et règlements de compte commencent. Les détenus se placent par nationalité et nomment leurs délégués responsables de l'ordre du camp.

Le 5 mai 1945, vers midi, le Docteur Benech, médecin au camp des malades aperçoit une auto blanche et un civil qui agite un drapeau blanc, suivi par deux engins blindés américains. C'est la section de troupe D, du 41e escadron de cavalerie mécanisée de la 115 division (3e Armée), commandée par le sergent-chef Albert J. Kosiek, lequel arrive jusqu'à la porte du camp des détenus, qui s'ouvre sous les vivats des détenus enfin libres ! L'autre engin blindé sous les ordres du sergent US Saunders entre dans les garages SS, il est également accueilli en libérateur. Après avoir désarmé tous les gardes, ils repartent avec leurs prisonniers. Après leur départ, des détenus s'arment dans la crainte d'un retour éventuel des SS.
Album mémorial.

MAUTHAUSEN Paul le Caër-Bob Sheppard Ed: Heimdal P 70


1 Se reporter à la présentation des exterminations par gaz, en introduction du Livre-Mémorial.
2 Pour plus d’'informations sur le KL Mauthausen, voir " Mauthausen ", Mémoire vivante, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, n 37, et consulter la thèse de Michel Fabréguet, Mauthausen, Camp de concentration national-socialiste en Autriche rattachée (1938-1945), Honoré Champion, Paris, 1999.
 

 
Site officiel de l'AMICALE DE MAUTHAUSEN: http://www.campmauthausen.org/Ch.%20Connaitre/C.gnl.connaitre.html
 
   
Sources:
Mémorial des déportés de France