Ed:09/12/2016

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Georges Sulblé, la Résistance à Saint-Jean-sur-Couesnon                      

 

Pour enrichir la mémoire du passé, je recherche tout témoignage sur les prisonniers de guerre et  sur des faits de Résistance  en Bretagne avec documents   write5.gif (312 octets)

 

 

On pense immédiatement aux Blanchet, honorés par une inscription sur le monument aux morts de Saint -Jean-sur-Couesnon. Le père, le fils et le neveu paieront très cher leur récupération d’armes parachutées et cachées dans la ferme de la Reudais. Ils seront déportés, et mourront dans un camp, comme leurs voisins de Saint-Aubin-du-Cormier, les Veillard, père et fils, arrêtés à Tournebride, le même jour.

Ces figures ont marqué Georges Sulblé, originaire de Saint-Jean-sur-Couesnon, qui s’engage à 18 ans dans le réseau Buckmaster et un groupe FTPF. D’autres influences sont décisives: l’entourage familial. Son père est boulanger, son domicile est le rendez-vous des responsables régionaux et départementaux de la Résistance. Son frère, ayant rejoint les Forces Françaises d’Afrique du Nord, l’a également beaucoup motivé. Certes les contacts sont importants, mais ils ne sauraient égaler les exemples de la famille. Sulblé est sollicité par Jean Thomas, de Saint-Aubin-du-Cormier, responsable du réseau et par Maurice Coste, du groupe FTPF.

Pour le compte du groupe, il diffuse la presse clandestine : Libération et le Pays Gallo. Mais sa double appartenance lui permet d’assurer la liaison entre le réseau et les FTPF. La coordination s’effectue au milieu local et concrétise  la réunification de la Résistance, souhaitée par le CNR (Conseil national de la Résistance), prônée par Jean Moulin.

Sulblé déniche des planques pour les réfractaires au STO,  chez les agriculteurs et artisans et leur délivre les papiers nécessaires: fausses pièces d’identité, cartes d’alimentation et certificats de travail. Toute une vie clandestine s’organise dans le milieu rural.

Son nom de résistant est Maurice ou Jacques, selon l’appartenance. Les personnes avec qui il est en contact sont diverses et dessinent toute une toile qui englobe les membres du réseau Buckmaster, les groupes FTPF, les agriculteurs et les artisans, les réfractaires au STO et, bien sûr, le docteur Morel,  de Saint- Aubin-du-Cormier, pour les soins et les médicaments prodigués. 

Son action courageuse et risquée est de récupérer des revolvers et une caisse de munitions dans une voiture allemande, alors que ses passagers chantent dans un café, à quelques mètres de leur voiture, à Saint-Jean-sur-Couesnon. Un motif de fierté, le jour de l’Ascension de l’année 1943, au début de l’après-midi.

Sulblé encourt beaucoup de risques, il se sait « pris en filature par deux mouchards » et inquiété par les autorités allemandes. En 1944, les esprits s’agitent. Cinq camarades du réseau Buckmaster sont déportés et mourront tous en déportation.

Les dernières semaines avant la Libération, les miliciens et la Gestapo rôdent dans le bourg de Saint-Jean-sur-Couesnon, en quête de renseignements sur des camarades. La femme de l’un deux, Madame Beaulieu, est torturée cruellement par des miliciens. Georges Sulblé est souvent prévenu de leurs visites par des gendarmes bienveillants.

Sulblé a une reconnaissance de dette envers une agricultrice, Marie Gesmier, de Saint-Jean-sur-Couesnon, pour avoir abrité plusieurs semaines quatre rescapés de la prison de Vitré, libérés par Loulou Pétri. Parmi ceux-ci, René Le Dall, torturé et ayant besoin de soins intensifs. Un autre agriculteur, Albert Besnard, abrite dans sa ferme de Saint-Georges-de-Chesné des résistants FTPF.

Après la guerre, Sulblé qui échappa à la déportation avait toujours à l’esprit ce message : « Il fait chaud à Suez. Les dés sont sur le tapis ». Les esprits se déliant, il n’oublia jamais le nom des deux marchands de bestiaux,  très imprudents et ayant basculé  dans la traitrise.

  

Daniel Heudré       

 

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